Tout n’est que silence...
La faible lueur que j’entrevois a travers mes yeux embués me fait pressentir que quelque chose s’est passé. Peut-être est ce une épreuve imposée par les esprits. Ils m’ont toujours guidé depuis ma plus tendre enfance sur les territoires immenses et fertiles du bush de mon Australie natale. Mais maintenant cette époque est révolue, et je suis là, allongé sur le sol de cette prairie magnifique et tranquille, et j’ai du mal a rassembler mes souvenirs tant ma tête me fait souffrir. Et cette complainte, ou plutôt ces murmures qui semblent venir de nulle part et de partout à la fois, serait-ce les voix des guerriers défunts ? Suis-je moi-même parti sur le continent ultime ?
La mémoire me revient peu à peu.
Que s’est t’il passé ? Je suis devant ce feu avec ma tribu, partageant la joie et l’allégresse de ce nouveau cycle astral, organisant le rite sacré des seigneurs de la forêt et du vivant, puis cet éclair aveuglant, cette chute vertigineuse dans les abîmes de la terre... non ! Tout cela ne peut pas être vrai !
La peur cède la place à l’étonnement, et je me rappelle le vieux sage Wâafata me parler d’une mystérieuse contrée appelée la "Terre du Seakk". Je n’y avais pas prêté attention a l’époque, j’étais jeune et ignorant, mais aujourd’hui, que doit-je faire ?
Je vais rester couché, là, au milieu de cette herbe fraîche et douce, méditer et prier pour mon salut... NON !
Jamais auparavant je n'avais réagit de la sorte, jamais je ne m'étais retrouvé aussi désemparé face à l'inconnu. Mais avais-je seulement déjà eu à explorer l'inconnu ?
Mes sentiments sont confus, j’ai toujours été d’un naturel craintif et prudent, et là, tout mes sens sont en éveil, et j’ai comme une sensation de toute puissance liée à l'envie d’en découdre avec tout ces gens qui parlent et que je n’arrive pas a voir...
Un animal surprenant sort du bois. L'astre brillant de ce ciel inconnu l'éclaire d'une aura spectrale.
Je l’ai déjà vu en songe, sa fourrure est magnifique, et il me donne l’étrange impression de me dire de le suivre ! Les faibles paroles qui hantaient mon esprit, fugaces, ont cessé.
Je décide de m’enfoncer dans la végétation derrière laquelle j'ai aperçu l'animal.
La magie est présente partout, je peux la ressentir ; la structure même des arbres est chargée de ce mélange de sagesse et de force envoûtant. Tout en marchant, ma perception du temps semble altérée... cette lumière aperçue tout a l’heure, c’est donc ça ! La hutte perchée dans ce grand chêne millénaire a l’air habitée. La bête qui m’a conduit ici se retourne et lève la tête en direction de cette échelle de corde, puis disparaît aussi vite qu'elle m'est apparue. J’escalade le frêle échafaud, me tenant sur mes gardes. Une plate forme de bois m'accueille enfin. J’approche d'une porte gravée de quatre symboles, mais l'invitation me parvient avant même que je n’atteigne la poignée : « Entre mon ami, je t’attendais. »
Les Terres du Seakk sont mises à disposition sous un contrat Creative Commons
par Kaya pour les images, par leurs auteurs pour les textes et par Stabbquadd pour le reste.